Les maraîchers tiennent bon… mais tout se joue maintenant
Le bassin de la Drôme est en alerte renforcée pour les usages de l’eau. Les maraîchers, inquiets pour l’irrigation dans les jours à venir, tâchent de faire avec une ressource de plus en plus rare...
Tomates, courgettes, poivrons, aubergines, concombres, melons, pastèques… Les étals des maraîchers locaux étaient plutôt garnis en ce début du mois d’août, sur le marché de Crest. Pourtant, les producteurs restent sur le qui-vive. C’est maintenant que se joue la fin de saison pour les légumes d’été, mais aussi celle des légumes d’hiver.
« Nous épongeons à peine cette année les pertes de 2022 », confie Rémi Martin, maraîcher installé au sud-ouest de Crest, le long de la route départementale. Le souvenir de cette année, où certains producteurs avaient vu leur accès à l’eau d’irrigation coupé, reste vivace. « Si jamais on doit revivre cette situation dans les prochains jours, ce sera fichu pour nos plantations et semis de chou, céleri, betterave, carotte, poireau... »
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Malgré les investissements engagés pour faire face à la sécheresse et à la hausse des charges, les maraîchers locaux tentent de contenir leurs prix de vente. « Pour limiter nos coûts, on essaye par exemple de ne plus acheter d’emballages. Les clients jouent le jeu et amènent les leurs », souligne Rémi Martin. Alors que certaines exploitations ont connu des ruptures sur la production de salades, les associés du Gaec les Jardins des buis insistent : « On adapte les variétés. Les clients doivent comprendre qu’on ne peut pas leur proposer de la feuille de chêne en plein été. On a la chance, dans la vallée de la Drôme, d’avoir des clients compréhensifs et soutenants. C’est très important que les gens soient reconnaissants, nous disent que nos légumes sont bons... Dans ces périodes de canicule, ça aide à supporter la pénibilité de notre travail. » Car les fortes chaleurs pèsent aussi sur le moral des maraîchers. « Avant d’avoir notre deuxième retenue d’eau, on passait des nuits d’insomnie. En pleine canicule, le moindre problème – une panne de pompe, une chambre froide qui lâche ou encore des évènements extérieurs comme les incendies dans le Diois et donc moins de clients sur les marchés – est source de beaucoup d’anxiété », reconnaît Corentin Moriceau. Consommer local et délivrer des paroles encourageantes sur le marché ne remontera pas le niveau des rivières, certes, mais au moins le moral des maraîchers !
Article publié dans le Crestois du vendredi 7 août 2026.
