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Nos abeilles sont toujours menacées

Le Groupement de Défense Sanitaire prend soin des hyménoptères mais s’inquiète pour leur avenir.

En assemblée générale, le 11 février à Montélimar, la section apicole du Groupement de Défense Sanitaire, s'est inquiétée de la santé et de la défense des abeilles. Elle s'est déroulée le matin et a été suivie de deux conférences :

  • La gestion sanitaire en apiculture avec la mise en place d’une nouvelle gouvernance sanitaire suite au désengagement de l’État. Jean Marie Barbançon, président de la Section Apicole du GDS 26, a mené les débats.
  • La surveillance de l’infestation des ruches par l’acarien parasite Varroa destructor.

Un vrai fléau à lui tout seul mais une catastrophe quand ses effets se conjuguent avec les problèmes environnementaux et ceux d’autres bio-agresseurs comme le Nosema. Ces bioagresseurs sont rendus pathogènes du fait de la diminution des défenses immunitaires des abeilles due aux pesticides et au Varroa.

Le vétérinaire, Pascal Gilles, a apporté des réponses à de nombreuses inconnues. Le maintien du cheptel apicole devient de plus en plus difficile et les apiculteurs sont actuellement confrontés à de nombreux dangers sanitaires présents ou à craindre : La pollution de l'environnement avec les pesticides, la lutte contre le Varroa de plus en plus difficile avec un manque de moyens efficaces.

Quant au frelon asiatique, il s'installe doucement dans le département. À ce jour, il a été constaté que l’impact économique de cet insecte invasif est estimé à 50 M€ pour la France. Pour détruire cet insecte, il faudrait détruire les nids mais ils ne sont visibles qu'à l'automne lorsque les arbres perdent leurs feuilles, et c'est trop tard ! Sans oublier le coût exorbitant des manoeuvres ! À titre d’exemple la mouche drosophile susuky qui s’attaque aux cerises a un impact de 40 M€.

L’importance économique de l’abeille dans l’agriculture est 11 fois supérieure à celle de l’apiculture. Le petit coléoptère de la ruche, Aethina tumida, autre menace pour nos abeilles et l’apiculture, est quasiment à nos portes, il est présent en Italie. On a vu que, du fait des activités humaines, il est capable de progresser par bonds de plus de 100 km, et il ne s'arrêtera pas aux frontières !

Cette longue liste de problèmes pourrait amener à penser que les apiculteurs peuvent se décourager devant le grand nombre de précautions à prendre pour sauvegarder leur cheptel. Mais il ne faut pas se décourager, les jeunes sont toujours très attirés par la filière. Et il faut être fier de la production française ; le miel français devient rare et cette denrée demeure un produit noble.

Article paru dans Le Crestois du 3 mars 2017

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