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À Saoû, le maire ne siègera plus à la CCVD

Une décision forte, pleine de sens mais "obligée" par la loi sur la représentativité.

Ce n’est pas de gaieté de coeur que Daniel Gilles, maire de Saoû, a annoncé laisser sa place de conseiller intercommunal du Val de Drôme. Une décision qu’il s’impose afin de laisser son premier adjoint, Yves Pervier, terminer son mandat au poste qui avait été décidé en 2014.

En effet, au moment où la Communauté de Communes du Val de Drôme a formé son conseil, en 2014, la négociation entre les communes était encore possible. Les accords entre grosses et petites communes étaient alors monnaie courante et cela profitait grandement aux villages de moins de 1000 habitants, comme Saoû, qui possédait plusieurs sièges au lieu du seul et unique que leur "rang" leur autorisait. Le récent décès du maire de Félines-sur-Rimandoule a changé la donne et rebattu les cartes.

En effet, tout changement au sein du conseil entraîne la mise en place du nouveau réglement de la représentativité et celui-ci impose la fin de la négociation et demande d’appliquer à la lettre ce que dit la loi. Le problème, c’est que cette loi est assez flou, pour tout dire, et qu’il a été bien compliqué, pour les membres de la Communauté de Communes, de se positionner. C’est chose faite à Saoû et d’autres devraient suivre dans les jours qui viennent.

La position de Daniel Gilles n’est pas forcément commune, car il est rare de voir le maire laisser sa place autour de la table. Son geste est d’autant plus fort que s’il avait décidé d’occuper ce poste, l’exécutif tout entier aurait dû être renouvelé. Président et vice-présidents auraient dû se relancer dans une campagne qui aurait pu coûter cher à certains.

Pourtant très impliqué dans la structure, le maire de Saoû, qui s’affiche très clairement contre le cumul des mandats, décrit son choix comme « logique et naturel » et montre une continuité dans sa philosophie politique, puisqu’il avait décliné un poste de vice-président en 2014, estimant que la charge de maire était amplement suffisante et que, surtout, à plusieurs, on est plus forts. L’État en a décidé autement...

Pierre Brunet

Article paru dans Le Crestois du 5 janvier 2018

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