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COVID 19, le prélude ?

Le monde, l’Europe en général et la France en particulier se trouvent brutalement plongés dans une situation inédite dont la portée de l’effet domino est difficile à estimer.

tribuneDisons-le clairement avant de passer au fond, nos élites semblent étrangement désemparées là où de nombreuses voix tirent depuis des années la sonnette d’alarme. Rigolant au nez de ces oiseaux de mauvaise augure, elles passaient leur chemin les yeux rivés sur les dixièmes de points de croissance et les sondages d’opinion. N’est-ce pas (enfin) à méditer ?

La trilogie infernale qu’on vous cache encore

Et pour aller au fond, il serait temps de prendre conscience que trois « grands » processus seront de plus en plus en synergie jusqu’à un probable point de bascule :

  • Le dérèglement climatique
  • La chute de la biodiversité
  • Le système économique globalisé, interdépendant, hypersophistiqué et donc extrêmement fragile

En ce début 2020 avec le Coronavirus, c’est la fragilité de notre système économique globalisé qui est sur la sellette. Et l’on voit déjà les premiers enchainements d’un effet domino dont on ne sait pas où il s’arrêtera. Ajoutez du numérique, ajoutez de la mondialisation, ajoutez de l’énergie fossile, ajoutez des coûts croissants, ajoutez de la compétition, ajoutez une technocratie toujours aussi délirante, ajoutez aussi de la psychologie collective et ce premier ( ?) grain de sable risque d’en attirer d’autres.

Mais ce n’est pas tout.

Car le déclin de la biodiversité, à son rythme progressif qui s’accélère, rend notre alimentation de plus en plus problématique avec des rendements et une pollinisation qui baissent inexorablement. Ce qui implique de recourir de plus en plus à l’agrochimie et à la mécanisation, augmentant les coûts et la production de GES et dégradant encore plus les rendements, la biodiversité et notre santé.

Et ça coûte la peau des fesses

Le pétrole, et les autres énergies fossiles, nous n’en voulons plus. En dix ans, nous devons mettre en non-valeur, c’est-à-dire passer en perte, donc nous appauvrir, toute une économie dépendante de ces énergies (production et distribution d’énergies fossiles, transport, automobile, agrochimie, pétrochimie, bâtiment et TP…). Et en même temps nous devons investir dans les énergies renouvelables avant qu’elles ne rapportent. Comment faire sans se serrer la ceinture ?

S’ajoute à ça le réchauffement climatique et ses dérèglements qui vont coûter de plus en plus cher. Inutile de rappeler ce que ça implique ? Erosion et pénurie d’eau, rendements agricoles en baisse, réfugiés climatiques, inconfort, montée des océans et fonte des glaces, épidémies, cyclones, …

Comment croire que nous pouvons continuer sur la lancée ?

Comment ne pas voir ce qui se trame ? Cette pandémie dont nous ne savons pas quelle en sera l’ampleur et la durée induit déjà une baisse d’activité économique assez forte. Les bourses dégringolent et Trump s’affole en faisant marcher la planche à billets. Les multinationales sont déjà sommées de dépendre moins de la Chine qui ne se laissera pas faire. Les faillites grimperont bientôt et induiront un effet domino en mettant à mal salariés, créanciers et finances publiques… Le probable impôt de solidarité « coronavirus », ou l’inflation, ajoutera de la pression, engendrant mécontentements et révoltes… et si par malheur d’autres événements imprévus surviennent, notre château de carte n’y résistera probablement pas.

Qu’il est triste de devoir dresser un tableau aussi sombre alors que nombreuses voix tirent la sonnette d’alarme depuis des années !

Une vie heureuse reste pourtant possible

A nous d’en décider. Même si en réalité ce n’est pas aussi simple.

Pas simple de concevoir une vie plus simple. Plus sobre, plus solidaire et conviviale, moins matérialiste, moins consumériste, moins individualiste, mais plus utile et plus épanouissante. Faudra-t-il passer par la case chaos ?

Ce serait regrettable. Regrettable que le citoyen n’utilise pas les pouvoirs et possibilités à sa disposition. Car le citoyen a des moyens que, bien souvent, il n’utilise pas.

Il est donc urgent de passer à l’action

L’échelon local, celui de la communauté « villageoise », offre bien des possibilités.

Associations et entreprises locales, avec des acteurs qui se connaissent et qui pour la plupart se respectent et s’estiment, offrent de multiples possibilités en contrepoint des approches égocentriques qui font malheureusement système. Approche, par contrecoup bénéfique à l’économie locale et rendant nos territoires plus résilients.

La démocratie locale est en ce sens face à un dilemme : gérer un système en bout de course ou « orchestrer » une dynamique novatrice et de proximité qui favoriserait l’évolution des esprits et des comportements et mettrait par conséquent la pression sur le business, la finance et la « grande politique ». C’est bien en ce sens qu’il faut comprendre la « purge » évoquée par Vincent Meyer la semaine dernière dans ces colonnes.

De la compétition à la coopération ?

En cette période électorale étrange, pourquoi ne pas nous interroger et rompre avec ces habitudes politiciennes d’un autre âge ? Qui s’interroge sur les avantages qu’il y aurait à réunir les plus aptes, les meilleures compétences (de chaque « camp ») pour transformer des concurrents en partenaires ?... au lieu de s’adonner comme toujours à ces conjectures de cuisine électoraliste et venimeuses aux résultats incertains et généralement décevants.

Est-ce trop ambitieux ?

Est-ce trop ambitieux de faire accord pour s’offrir une vie plus heureuse et plus rassurante ? Est-ce trop ambitieux de faire consensus sur un projet concret à dimension humaine qui ait du sens ? Est-ce trop ambitieux de ne plus vouloir faire du neuf avec du vieux ? Est-ce trop ambitieux de sécuriser nos conditions de vie dans un monde aussi incertain ? Est-ce trop ambitieux que la plupart des citoyens puissent être utiles ? Est-ce trop ambitieux de nous reconnaitre dans cette communauté à dimension humaine ?...

Que disent, que pensent ceux qui incarnent le leadership indispensable ?
Pendant qu’il est encore temps.

Pour le Laboratoire de la Transition

Jean-Louis Virat

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