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TRIBUNE : À propos de la Poste

René bergier pousse un petit coup de gueule.

Si l'on on peut bien comprendre les difficultés actuelles de fonctionnement de la Poste (je ne parle pas de la banque postale) qui conduisent sa direction à fermer certains bureaux et à ne distribuer le courrier que les mercredis, jeudis et vendredis, on n'en est pas moins étonnés de ce qui se passe réellement sur le terrain.

A Piégros La Clastre, on n'a plus de courrier depuis lundi... et on est jeudi (le 26/03). Dans d'autres communes, ils attendent le facteur depuis plus longtemps.

Il n'est pas question en cette période d'épidémie d'incriminer les facteurs, ni les responsables du service de distribution qui font sûrement avec les moyens du bord. Mais là où on peut s'interroger, c'est sur la teneur du communiqué de la Poste qui dit qu'elle "se recentre sur ses missions essentielles au service de la population (portage de repas ou de médicaments, visites de lien social".

Si elles rendent indéniablement des services (mais sans doute payants, alors qu'à une époque les facteurs rendaient volontairement ce genre d'assistance gratuitement), ces missions que la Poste qualifie d'essentielles, ne sont pas incluses dans le contrat d'obligation de service universel postal qu'elle a signé avec l'Etat. Par ce contrat, la Poste s'oblige à assurer la levée et la distribution du courrier tous les jours ouvrables sur l'ensemble du territoire... . sauf circonstances exceptionnelles, évidemment.

Si la reconnaissance de cette situation hors du commun par sa gravité, ne fait pas débat, pourquoi la Poste met-elle en avant ses autres missions annexes et non obligatoires ?... D'autant que si les facteurs peuvent assurer ce lien social, pourquoi n'en profiteraient ils pas pour distribuer en même temps le courrier... et tout le monde serait satisfait. Oui mais voilà, on est encore dans un monde où les priorités ne sont pas forcément les mêmes pour tout le monde... Parlez-en aux soignants qui se battent tous les jours contre ce maudit virus et qui peinent à comprendre que certaines priorités (qui sont assurément plus importantes que celles de la distribution du courrier) n'ont pas été prises en compte en temps voulu.

Il faudra pourtant bien qu'un jour, des changements s'opèrent dans notre société qui continuent à ne pas bien se porter malgré les nombreux signaux d'alerte qui ont déjà été émis. C'était mon coup de gueule du jour ; ce qui ne nous empêche pas de nous serrer les coudes car il n'y a que de cette façon qu'on s'en sortira.

René Bergier

Publié le 27 mars 2020

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