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Rebondir après la crise sanitaire du Covid-19

Tribune. Célia de Lavergne, députée de la Drôme, lance un espace de réflexion ouvert au plus grand nombre et permettant d'apporter sa contribution à l'après-crise sanitaire.


Rebondir : verbe intransitif « Retrouver une situation favorable, après une période de difficultés »

La crise que nous traversons est inédite. Brutale. Incertaine. L’épidémie du Covid-19 bouscule les Nations, les institutions, les citoyens. Un ennemi invisible s’attaque à nous, nos familles, nos proches. Fragilise notre quotidien, notre système de santé, notre économie.

Le pays tout entier est engagé dans la gestion de cette crise, dans un élan d’unité et de solidarité et afin d’enrayer la progression de ce mal encore trop peu connu. Une première ligne pour soigner. Une seconde pour assurer les services essentiels. Une troisième ligne enfin, confinée chez elle, pour limiter la propagation du virus.

Les forces vives nécessaires à la gestion immédiate de cette crise sont pleinement engagées dans leur mission première : nous permettre de traverser la tempête. Notre reconnaissance envers leur dévouement est immense.

Et ça et là, vous êtes nombreux à avoir du temps, une denrée finalement rare ces derniers temps. Beaucoup m’ont communiqué leur envie de parler de la crise et de réfléchir à sa sortie, à l’« après ».

Car comme toute crise, la crise du Covid-19 révèle des failles : la fragilité de notre système de santé bien qu’il soit l’un des meilleurs au monde, notre dépendance au système mondialisé, une souveraineté insuffisante dans certains secteurs stratégiques...

Cette crise révèle nos fragilités. Des entreprises de notre quotidien, petites et grandes, touchées de plein fouet et qui ne savent pas s’ils vont se relever, malgré les mesures d’urgence économiques votées au Parlement : des commerçants inquiets, des entreprises fermées administrativement ou dont l’activité est réduite, des acteurs du tourisme projetés dans l’inconnu pour la saison à venir... Les plus fragiles d’entre eux pourraient ne pas survivre si nous n’agissons pas.

Enfin, cette crise est également un incubateur à inégalités. Vanter les mérites de l’école à la maison et du télétravail ne doit pas nous faire oublier la dure réalité de la fracture numérique, qu’elle soit sociale ou territoriale. Vanter le temps enfin pris en famille ne doit pas nous faire oublier que pour certains, le confinement exacerbe la violence intrafamiliale. Sans compter sur l’inégalité de logement, qui ne nous place pas tous à la même enseigne, selon l’espace dont nous disposons.

Si nous sommes concentrés sur le « maintenant » pour trouver une sortie de crise et préserver santé et économie, il y aura un « après ». Un bilan et un indispensable rebond. Quand ? Impossible de le dire. Comment ? Tout autant. Et lequel ? Je vous invite à déjà y réfléchir.

Pour cela, je partage avec vous quelques-unes de mes convictions. Ce ne sont pas des certitudes – bienheureux celui qui en a dans les jours que nous connaissons - et vos contributions pourront les faire évoluer.

Ma première conviction est d’abord que cet après doit nous permettre de réinvestir certaines priorités pour la société que nous voulons : la consolidation de notre système de santé ; l’encouragement et le soutien de toutes les formes de solidarités et de la cohésion sociale ; l’accélération des transitions écologiques et agricoles ; le partage équitable des richesses ; la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle de notre pays afin d’assurer nos besoins essentiels ; la réaffirmation du rôle de l’Europe dans cette équation. Ces domaines étaient d’ores-et-déjà essentiels ; la crise doit nous donner l’opportunité de changer de logiciel, de perspectives ou de manières de faire.

Ma seconde conviction porte sur la nécessité de relancer l’économie. Les perspectives économiques sont incertaines et inquiétantes, pour maintenant comme pour après. Nous devrons avant tout mettre notre énergie pour préserver autant que possible nos entreprises, comme y contribuent déjà les mesures d’urgence économique. Mais au-delà, seule une intervention massive de l’Etat sera à même de nous garantir un avenir meilleur. Par un plan d’investissement massif, cette relance sera également une opportunité inédite pour donner une nouvelle direction à la France, pour accélérer les transitions, notamment pour les orienter vers l’écologie et l’utilité sociale.

Ma troisième conviction est que nous ne réussirons ce pari qu’en donnant plus de place aux solidarités. La solidarité territoriale bien sûr, déjà très présente dans nos territoires ruraux, qu’il nous faudra consolider et encourager ; la solidarité européenne aussi, qui doit nous questionner sur l’Europe que nous voulons, avec nos voisins, au-delà des règles de marché. La solidarité internationale enfin, vis-à-vis des pays en développement et notamment africains, et pour lesquels le Président de la République a annoncé des mesures fortes en annulant une partie de la dette.

Ainsi donc cette crise peut, malgré les difficultés à faire face, être l’occasion de rebondir, en préservant ce qui peut l’être et en organisant un rebond offensif, engagé et porteur. Pour construire ensemble ce rebond, je vous invite à partager vos contributions :

  • Sur mon site internet
  • Par email à l’Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
  • Via un formulaire en ligne

Elles alimenteront des propositions concrètes que je porterai auprès du Gouvernement.

Célia de Lavergne

Tribune publiée le 17 avril 2020

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