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Re-bonjour, les premières et premiers de corvées

Une tribune du collectif "Citoyen des quartiers" : Enfin, nous sommes nombreux à avoir résisté. Youpi !

Après tant de chuchotements, de cris étouffés dans nos intérieurs mal isolés, nos quartiers retrouvent un peu de vie. Ouf, il était temps, même si nous sommes encore en liberté surveillée par toutes ces caméras municipales et tous ces ordres cafouilleux des premiers de cordées s’égarant dans des horizons flous.

Plus besoin de se cacher pour aller partager un verre dans un petit coin de campagne, juste pour voir se coucher le soleil et faire la nique au Covid (et aux forces de l’ordre qui surveillaient). Alors ça, c’est fait !

Pendant ce confinement nous avons fait le plein d’énergie pour retrouver nos manifestations, pour assurer notre présence, qu’on soit gilet jaunes, écolos ou autre...

On est là, on est toujours là et on restera là, même si cela ne plaît pas à monsieur Mariton qui déploie la gendarmerie et la police municipale (une trentaine d’individus) pour une petite cinquantaine de manifestants chantant à l’entrée du marché.

Nos colères rentrées nourrissent les luttes de demain pour jeter aux oubliettes ces vieux penseurs politiciens d’un autre siècle. Alors oui, on reste là plus déterminés que jamais.

Nous avons eu le temps de penser aux pauvres agglutinés en famille ou isolés sans ressources dans les taudis du centre-ville ou dans les hébergements d’urgence. Nous avons été tous plus ou moins victimes de nos comptes en banque dégarnis et des loyers à payer, des gosses à nourrir, de l’angoisse du lendemain. Mais nous avons mesuré, voire testé, le sens de la solidarité plus présent que jamais.

Vous souhaitez que tout redevienne comme avant ? Pas nous !

Maintenant que le président Macron a dit, les lèvres serrées, les doigts croisés, qu’il allait revoir sa copie en matière environnementale, (enfin c’est ce qu’on a compris) et comme on est des doux rêveurs, on se dit que notre maire Mariton va en prendre de la graine et arrêter de bétonner notre nature... Vous croyez ?

On veut vivre autrement. Car, qu’on se le dise, nous vivons sous le joug des banques et des laboratoires. Ne nous parlez plus de la dette, cette chose virtuelle qui n’existe pas, sinon sous forme de vent dictatorial pour mieux asservir le peuple. Ne nous parlez plus de coupe budgétaire. Les multimilliardaires, ces gens qui passent leur vie à comparer leurs fortunes acquises de manière douteuse, s’ils faisaient une cagnotte commune pour verser aux pays des impôts afin que les services publics deviennent (ou redeviennent) le bien commun des peuples ?

On veut une école avec des enseignants libres penseurs, un hôpital accueillant avec de vraies équipes de soignants qui prennent leur boulot le matin la joie au cœur et non la peur au ventre. On veut que cesse cette politique des mouroirs pour nos vieux. Ils méritent mieux que ça pour leur fin de vie, merde ! À quand un gouvernement qui saura dire STOP aux marchés financiers qui bousillent la vie des travailleurs en se vantant de réussir la leur à notre dépend. Refusons d’être de bons serviteurs et les sages cobayes des banques, de l’agrobusiness et des laboratoires...

Tout doit changer, le climat, le béton, l’air irrespirable qui rend nos enfants malades et les regards dédaigneux que les dirigeants jettent sur les "sans dents", les "Petits Riens" que nous sommes, les fainéants, tous ceux qui n’ont pas de Rolex à 50 ans et tous les autres qui n’aspirent même pas à en avoir une...

Et si on arrêtait nos corvées, nos achats aux supermarchés ? Et si on arrêtait d’engraisser l’industrie agroalimentaire ? Et si on roulait autrement ? Et si on mangeait autrement ? Et si, et si... Alors là oui, nous di- rions que le Covid a fait changer le monde d’en bas pour le rendre plus responsable, plus propre et plus solidaire et que, fatalement, le monde d’en haut se retrouvera le bec dans l’eau. Car ne l’oublions pas, ce sont les pauvres qui engraissent les riches ! Rien ne changera sans nous. Soyons prêts et plus déterminés que jamais.

Collectif citoyen des quartiers :
Farid, Natacha, Eloïse, Maria, Nora, Colette, Chantal, Yves et plein d’autres...
Tous avec un masque

Tribune publiée dans Le Crestois du 22 mai 2020

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