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Verbalisations du 16 mai à l'hôpital de Valence

Communiqué du collectif des verbalisé.e.s révolté.e.s.

Ce samedi 16 mai, comme dans de nombreuses villes en France, un petit rassemblement a eu lieu au rond point de l’hôpital public de Valence. Après un soutien matériel, logistique et humain apporté pendant le confinement par de nombreuses personnes, ce rassemblement visait, bien entendu, à rappeler notre soutien au personnel hospitalier, aux pompiers et à toutes les personnes gravitant autour de l’hôpital, et à leur signifier que nous sommes toujours là pour défendre l’hôpital public. Bien sûr ce message a aussi pour destinataire le pouvoir en place, afin de lui montrer que nous sommes toujours là, physiquement présents, pour défendre les services publics contre le règne mortifère et catastrophique de l’argent et du profit.

Une cinquantaine de personnes (Gilets Jaunes, enseignant.e.s, citoyen.ne.s, syndiqué.e.s...) étaient donc réunies autour du rond point, par petits groupes, tous respectueux des distances et masquées dans leur grande majorité (ce qui n'est pas obligatoire). Notons au passage que parmi les 25 représentants des forces de l’ordre, en tenue ou en civil, de nombreux policiers n'étaient pas masqués.

Dans une ambiance paisible, de nombreux chants ont été entonnés, des applaudisse- ments ont salué les véhi- cules des professionnels qui entraient et sortaient ; des klaxons de soutien venant de voitures qui passaient sont aussi venus encourager les présent.e.s. Suite à une discussion avec une cadre de l’hôpital, il a été décidé de ne pas s’approcher des bâtiments.

Après une bonne heure de présence sur place, sans qu’il n’y ait eu le moindre souci avec les forces de l’ordre, ni demande de leur part (contrairement à ce qu’affirme Le Dauphiné qui, une fois de plus, relaie la pa- role des forces de l’ordre) le rassemblement s’est dissous en accord avec tou.te.s les participant.e.s. Alors que de petits groupes de quelques personnes retournaient à leur véhicule ou étaient déjà au volant, les forces de l’ordre ont alors procédé à des contrôles d’identité en vue de verbalisations.

À notre connaissance, au moins une quinzaine de personnes ont été verbalisées, d’une amende de 135 euros sans qu’on sache si c’est pour participation à une manifestation non déclarée ou regroupement à plus de 10 personnes. Nous invitons toutes les personnes qui auraient été verbalisées à nous envoyer Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Nous étudions actuellement avec un avocat les possibilités de recours. En outre, une caisse de soli- darité financière va se monter. Notre collectif tient par ce communiqué à s'indigner de l'attitude des forces de l'ordre qui non seulement bâillonnent l'expression populaire mais en plus, le font de manière lâche. L'interdiction des rassemblements contestataires en plein air n'a rien à voir avec la ques- tion sanitaire, mais n'est qu'une censure liberticide insupportable.

Si les gens peuvent se regrouper pour faire du shop- ping, prendre les transports en commun et bosser, alors a fortiori les rassemblements extérieurs à caractère politique doivent être autorisés vu qu'ils sont es- sentiels à la vie démocratique du pays (surtout en cette période).

Pour la liberté d’expression, pour la défense des services publics, pour une société solidaire, écologique, collaborative, pour ne pas retourner dans l’anormal, sans crainte, avec détermination, nous relayons l'appel de nombreuses organisations et de nombreux collectifs à un rassemblement statique et individuel ce samedi 23 mai à 14h au Champ de Mars à Valence.

Le collectif des verbalisés et révoltés du 16 mai
(dont quelques habitant.e.s de la vallée)

Tribune publiée dans Le crestois du 22 mai 2020

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