Après Covid : repenser le tourisme et l'alimentation

Tribune. Philippe Huyghe, le président de Biovallée, dresse un premier bilan de la plateforme numérique mise en place par l'association pour penser l'après Covid-19.

La plateforme Biovallée a été lancée il y a maintenant deux semaines (cf. notre article à ce sujet, NDLR). Cette plateforme, ouverte à tous, vise à permettre l’expression de volontés, de suggestions, d’exemples vécus, relatifs au déroulement de cette période de catastrophe Covid-19, et aux dispositions et évolutions souhaitables dans l’avenir. Il s’agit de continuer, d’amplifier la construction de notre territoire, par tous et pour tous.

A ce jour, 161 personnes ou organisations se sont inscrites, 43 contributions concrètes ont été éditées. Nous avons eu aussi des échanges téléphoniques avec de nombreux contributeurs. Beaucoup de sujets émergent déjà, qui vont permettre un approfondissement par la constitution de groupes de travail, des échanges entre les inscrits, pour aboutir à l’élaboration de solutions concrètes.

Nous avons lancé d’ores et déjà 2 pistes :

  • La première concerne l’alimentation

Des propositions remontées, il apparait qu’il y a une forte volonté de faire évoluer nos comportements. Des achats plus locaux, une demande de transparence sur l’origine des produits, des circuits plus courts, des quantités plus maîtrisées pour éviter le gaspillage, notamment dans les cantines, plus de bio, etc. On sent là un besoin d’informations, d’organisation des contacts, de circuits logistiques, pour développer durablement les circuits courts. Agricourt a vu ses volumes aux consommateurs augmenter de manière considérable. Des producteurs proposent de la vente à la ferme, mais ont du mal à se faire connaître autrement que par le bouche à oreille.

Côté grande distribution, les initiatives sont très positives. Le balisage des rayons concernant les origines des produits est de plus en plus précis, et on voit que l’approvisionnement local n’est pas qu’un vain mot. On ne peut que se féliciter de voir que les produits de Limouches, le pain de Beaufort, se trouvent dans de nombreux magasins, que les fruits et légumes sont très largement approvisionnés localement, que le rayon bio d’Intermarché Aouste est le deuxième de France du Groupement, et que son agneau provient de Beaufort-sur-Gervanne.

On voit, avec tous ces exemples, qu’une bonne information, une bonne visibilité de tous les types d’offre, s’ils répondent à une demande croissante, peuvent contribuer à renforcer nos producteurs locaux, durablement.

  • La deuxième piste concerne le tourisme, et plus particulièrement les éco-hébergeurs

Nombre des hébergeurs individuels de notre territoire sont engagés dans des pratiques durables : achat d’énergies vertes, nourriture bio, mise à disposition de vélos, propositions d’animations sur les cultures bio, les potagers, et autres compostages, etc.

La saison de nos hébergeurs est bien sûr très compromise. Néanmoins, il est utile de se montrer proactifs, à l’initiative, pour vite proposer à des vacanciers potentiels des offres alléchantes, de séjours sécurisés dans notre belle région. Découvertes, randonnées, école verte pour les enfants, bien d’autres solutions sont possibles.

Sur ces deux pistes d’actions, Biovallée va permettre la mobilisation de volontaires pour élaborer des solutions concrètes et vite opérationnelles. Biovallée permettra un appui logistique et une ouverture à son réseau d’acteurs pour venir en appui des groupes de travail.

C’est un début, avec ces deux pistes, nous allons en ouvrir d’autres et vous les communiquerons au fur et à mesure.

Toutes les informations sont sur www.biovallee.letsco.co

Philippe Huyghe, président de l'association Biovallée

Publié le vendredi 8 mai 2020

UA-22506836-1