Hôpital de Die, la transparence ne nuit pas !

Tribune du 24 juillet 2020 du Collectif de défense de l’hôpital de Die.

Les dossiers se suivent et... se ressemblent. D'un côté, nous avions appris, au moment de l’annonce de la fermeture de la maternité et de la chirurgie (monnaie d’échange?), par un communiqué de presse de l'Agence Régionale de Santé (ARS), le projet de construction d'un nouveau bâtiment sur trois hectares de terres agricoles pour héberger des lits de soins et un service d'urgence. De l'autre, nous venons de voir confirmer par le Tribunal administratif de Grenoble que les décisions de fermeture de la maternité et de la chirurgie avaient été prises de façon illégales par le directeur de l'hôpital en 2017 faute de consultation de la seule instance démocratique de l’hôpital, le conseil de surveillance.

C’est que la clarté et la lisibilité des prises de décisions ne sont vraiment pas le fort des autorités sanitaires! La diffusion spontanée d’informations publiques ne l’est pas non plus.

Ainsi, concernant le projet de construction du bâtiment dans la zone artisanale, nous avons demandé les études préalables, les documents préparatoires, le projet de santé et tous documents utiles fondant la décision de construire un nouveau bâtiment plutôt que de restaurer l’actuel in situ. Il aura fallu faire appel à la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) pour enfin obtenir un document «relatif aux orientations prises concernant le projet architectural du Centre Hospitalier de Die». Et quelle déception! Ce document de trois pages, rédigé au doigt mouillé et non daté, justifie la création d'un nouveau bâtiment par… la nécessité de créer un nouveau bâtiment. C'est une lapalissade. On y apprend tout de même qu'en termes de coûts, la réhabilitation de l'existant (au demeurant tout à fait nécessaire) ou la construction d'un bâtiment neuf sont «approximativement » identiques.

Concernant le projet de santé, il se résume à quelques chiffres, sans état des lieux, ni diagnostic sérieux. Le projet consiste à maintenir l'essentiel des services existants (mais sans maternité et chirurgie, sans bloc chirurgical non plus) et à augmenter légèrement le nombre de lits en médecine et SSR (Soins de Suite et de Rééducation) par rapport à l'existant (de 25 à 30 lits environ) sans mention d’aucune augmentation de la masse salariale. Il n'y a pas, dans le projet de nouveau bâtiment, de place pour la réouverture de la maternité et de la chirurgie; il y a même une volonté de figer la situation en le labellisant «hôpital (dit) de proximité».

À ce propos, le Tribunal enjoint au directeur du centre hospitalier de Die d'étudier la demande du Collectif de Défense de l'Hôpital de Die en conseil de surveillance et de concerter le directoire concernant les activités de maternité et de chirurgie.

Quant aux autres facettes du sujet (utilisation des terres agricoles, aménagement de l’espace, environnement…), elles sont purement et simplement ignorées. Les autorités sanitaires réfléchissent en vase clos, comme elles l’ont d’ailleurs déjà fait pour la suppression de la maternité et de la chirurgie sans tenir compte des caractéristiques géographiques irréductibles du Diois.

Dans ce contexte, nous demandons aux responsables de la santé et aux nouveaux élus siégeant au Conseil de surveillance de soumettre le projet de santé de l'hôpital de Die au débat public, dans la plus grande transparence. Les Diois sont les premiers concernés par les questions de santé et de localisation des centres hospitaliers et les décisions s’y rapportant doivent être prises en concertation, démocratiquement, pour répondre aux besoins de tous. Dans l'attente, le projet de construction n'a évidemment plus aucun sens et doit être suspendu.

Le Collectif de défense de l’hôpital de Die

Tribune publiée dans Le Crestois du 24 juillet 2020

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