Du pareil au même ?

Transitions, la chronique de Vincent Meyer du 6 novembre 2020.

Je me souviens. Le vieil homme, depuis longtemps sourd et silencieux, un pied sur les chenets et l’autre dans la tombe, tisonnait les braises dans l’âtre. Il songeait. Son épouse, vieille femme toute ridée, s’activait sur la longue table de bois brut qui occupait le centre de la vaste cuisine, unique pièce de vie commune. Avec elle, sa fille et sa petite fille à la fière trentaine écossaient les petits pois, épluchaient les pommes de terre, préparaient la soupe ou mettaient en bocaux la confiture qui finissait de cuire sur le poêle à bois. Tout autour, de petits enfants jouaient avec des chiffons, des osselets, des dominos. Les hommes allaient rentrer des champs et, au passage, ramasseraient quelques légumes au vaste potager. Leur arrivée serait saluée par la bassecour et par le chien fidèle… Nostalgie de cette société traditionnelle ? Que nenni ! Plutôt nostalgie de mon enfance…

La société a évolué, transférant massivement les habitants vers les villes, développant le travail salarié, allégeant les tâches ménagères, augmentant le niveau de vie, le confort et la mobilité. Pour autant, le monde révolu a emporté avec lui des valeurs fortes d’autonomie responsable et de solidarité familiale....

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Chronique publiée dans Le Crestois du 6 novembre 2020

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