Se faire du bien sans prendre de risque

Tribune du 20 novembre 2020 de Guillaume, 22 ans.

Même si ce chant basque est un symbole très fort de révolte, de liberté et de courage pour tout un peuple, les personnes qui ont chanté « Nerea izango zen » devant le Kléber et dans la rue Aristide Dumont, le samedi 14 novembre, jour du marché de Crest, s'engageaient à venir en paix, avec un masque sur le visage et sans chercher à convaincre, défier ou lutter contre qui que ce soit.

Cette performance artistique répétitive et fugace, de deux ou trois minutes seulement, ne cherchait pas à opposer les besoins légitimes de protection des personnes fragiles aux revendications également légitimes de libertés individuelles et collectives, il s'agissait simplement de se faire du bien, ensemble, et sans prendre de risque pour soi ou pour les autres.

Un groupe de danseurs et de musiciens d'autres horizons est également venu faire une performance joyeuse sur le marché. Les deux groupes plus ou moins déambulants, plus ou moins éparpillés, plus ou moins identifiables, se sont spontanément rassemblés dans la rue Aristide Dumont avec de nombreux soutiens dans le public, présent aux fenêtres et devant les stands.

L'échange un peu tendu qui a suivi avec les policiers est resté néanmoins calme, tout le monde s'est dispersé assez rapidement ensuite, avant de revenir devant le Kléber vingt minutes plus tard pour un petit rappel. En effet, malgré les circonstances légales assez "trash", l'art vivant collectif ne peut pas disparaître car... The show must go on !

Guillaume

Tribune publiée dans Le Crestois du 20 novembre 2020

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