En direct du Bridge to Hell
La 6e édition du festival de musiques saturées a de nouveau fait le plein.
Septembre. Le mois de la rentrée des classes, du forum des associations, de la Saint-Ferréol, et, depuis six ans désormais, le mois du Bridge to Hell (BTH) ! Le festival crestois de musiques saturées est revenu les vendredi 11 et samedi 12 septembre avec une ambition : faire vibrer encore plus fort les festivaliers. Pour cela, l’équipe de La Boite en metal (l’association organisatrice) capitalise sur ses fondamentaux : une programmation pointue et qualitative, une équipe de bénévoles et de techniciens remarquables d’engagement et d’implication, et une qualité d’accueil exceptionnelle.
La grande nouveauté de cette 6e édition est que le festival a réussi l’exploit de pousser les murs de la salle des Moulinages en aménageant une partie du parking Soubeyran, créant ainsi un grand espace de convivialité avec food trucks, tables et bancs pour se reposer et stands divers (tatouages, bijoux, t-shirts, CDs & vinyles, etc.)

La joyeuse équipe du stand d'accueil du festival
Pari gagnant puisque le record d’affluence a encore été battu avec près de 2 000 personnes. On notera d’ailleurs un public très hétéroclite, avec un rajeunissement sensible de l’audience et également la présence de nombreuses familles. Comme toujours, aucun incident n’a été déploré et l’ambiance chaleureuse, bienveillante et accueillante a encore une fois séduit les festivaliers. Un public généreux puisque plus de 2 000 euros ont été récoltés grâce à une tombola solidaire. Cette somme sera intégralement reversée à l’association Coussinets méli-mélo, qui œuvre pour la protection animale.
Vendredi soir, ce sont les Lyonnais de Face2Fake qui sont les premiers à fouler les planches dès 20 heures, et le groupe démarre fort en dépit de la pression, exécutant son metal fusion inspiré par Rage Against The Machine et Linkin Park, avec une énergie rapidement communicative. Changement d’ambiance radical après un court changement de plateau puisque c’est au tour des très costumés Versatile de prendre possession de la scène. Particulièrement spectaculaire… Une très belle découverte.
Les habitués le savent, le BTH aime soigner ses interscènes, et c’est aux Bretons de l’Est, bien connus des Crestois, d’assurer un show sur la scène du patio. Incongru de proposer du jazz manouche humoristique dans un festival de metal extrême ? Oui, et en même temps le trio déploie une énergie positive tellement communicative que le public adhère rapidement et danse au son de compositions originales ou de reprises décalées (dont le fameux Another Brick In The Wall des Pink Floyd).

Le groupe Rotting Christ
Le contraste est total quand Rotting Christ investit la scène un peu avant 23 heures. Le black metal traditionnel du combo grec, actif depuis une quarantaine d’années, fait référence, et le public a tôt fait de comprendre pourquoi, l’expérience accumulée par le groupe éclatant aux yeux de tous. Carré, parfaitement en place, Sakis Tolis (chant, guitare) et consorts délivrent un set exceptionnel et envoûtant, notamment grâce aux subtiles touches orchestrales, presque liturgiques, de leur musique. Fascinant.

Le groupe Caliban
C’est enfin à Caliban, lui aussi un vétéran puisqu’actif depuis 1997, que revient la tâche de clore cette première soirée. Le groupe allemand, pilier de la scène Metalcore européenne, tient son rang avec autorité, propulsant son mélange ultra puissant de metal et de hardcore avec enthousiasme et conviction, captant le public notamment grâce à son impressionnant vocaliste Andy Dörner, qui ne s’économise pas à l’avant de la scène. Et dire que ce n’est que la première soirée !
OVATION
C’est désormais une tradition bien établie : le samedi après-midi est réservé à une série de trois concerts gratuits en extérieur, sur le skate park. Une excellente initiative, saluée par le public très nombreux (on dépassera les 300 personnes !) pour applaudir Frame, Liquid Flesh et Lore, trois groupes d’excellente qualité.
Puis, retour dans l’enceinte principale du festival pour une deuxième soirée qui s’annonce tout aussi qualitative que la première. Il est toujours difficile de lancer une soirée, mais la pression ne semble avoir aucune prise sur les Toulonnais de « EON » (Elements Of Noise) qui démarrent leur set pied au plancher en prenant littéralement la scène d’assaut. C’est une déferlante sonore mélangeant allègrement thrash, death, punk et hardcore, le tout sans concession, qui accueille le public de la plus belle des manières.
Place ensuite à Ashed Winter, le combo qui monte sur la scène extrême française. Sa musique brassant death metal, metalcore et rythmes tribaux fait mouche, notamment grâce aux vocaux rageurs et profonds de Marie (quelle incroyable vocaliste !) et au groove phénoménal de Vincent (batterie).
Décidément placée sous le signe de l’énergie brute, la soirée se poursuit sur la scène extérieure avec les Clermontois de Red Gordon, menés par le très expressif Tao (et son demi masque symbolisant la dualité en chacun de nous), qui délivreront deux sets extrêmement costauds.
C’était ensuite au tour des Toulousains de Alea Jacta Est, groupe de hardcore bien établi et visiblement très heureux de venir en découdre avec une audience pas encore rassasiée. Riff d’airain, groove appuyé, chant vindicatif et ambiance moderne sont les ingrédients de base de leur formule gagnante, à en juger par la réponse du public qui saute dans tous les sens.

Le groupe Eisbrecher
Il est 23h30 quand une tempête de glace et de décibels s’abat sur le festival, alors qu’Eisbrecher monte sur la scène. Les Allemands, fer de lance du metal industriel « à l’allemande » (aux côtés d’un certain Rammstein) sont attendus, mais le public n’est pas prêt pour la prestation « über qualitatív » du quintette, dont l’expérience et le sens du spectacle ravagent tout. Un set d’une qualité incroyable, au son colossal mais clair, et riche en moments mémorables, comme cette Marseillaise entonnée à la fin du concert par Alexx Wesselsky, chanteur et frontman d’exception.
Après ce show phénoménal, l’équipe de la Boite en Métal est montée sur scène pour remercier le public, les bénévoles, les techniciens, la mairie de Crest, les partenaires privés et les groupes présents tout au long du week-end, avant de recevoir une longue ovation. Frissons garantis… Le rendez-vous est donné pour la prochaine édition de ce festival qui n’en finit pas d’évoluer et qui s’est imposé comme un évènement incontournable de la région pour tous les amateurs de musiques saturées. Quel week-end !
Olivier Chapelotte
Crédits photos : Vyking

Toute l'équipe organisatrice du Bridge To Hell 2026
Article publié dans Le Crestois du 18 septembre 2026
