Les actus à découvrir dans le journal de la Vallée

                

La guerre du papier aura-t-elle lieu ?

Le Crestois se démène pour trouver de précieuses feuilles en fibres de cellulose.

Vous avez sans doute remarqué, depuis quelques semaines, que la qualité du papier sur lequel ces colonnes sont imprimées évolue au gré des éditions. C’est que Le Crestois est confronté, comme de nombreux corps de métier, à une pénurie sans précédent de matières premières, dans laquelle le papier, un dérivé du bois, n’est pas épargné. Si bien que nous avons parfois dû nous obliger à imprimer sur des feuilles plus ou moins épaisses, plus ou moins blanches, plus ou moins rigides...

De quoi troubler sérieusement la quiétude habituelle d’Alexandre Guillemenet, le conducteur de la presse du Crestois, et donner des cheveux blancs à Julien Hoareau, le façonnier qui se charge chaque semaine d’en assembler les pages. Sans compter les soucis de nos lecteurs et lectrices qui ont pu peiner, certains jours, à nettoyer leur carreaux, allumer leur feu ou emballer leurs oeufs...

Au-delà de la plaisanterie, cette situation nous interpelle sur notre dépendance à des matières premières que notre pays (parfois notre continent) n’est plus en mesure de produire. Et nous force à poser le regard sur les improbables réseaux de distribution transfrontaliers grâce auxquels - ou à cause desquels ? - nous avons pu débusquer, toujours in extremis, quelques palettes de papier au Portugal, puis d’autres en Allemagne ou, comme ce fut le cas cette semaine, en Autriche (livré par un chauffeur roumain). Au passage, un grand merci aux voisins qui nous ont prêté main forte pour décharger le mastodonte venu tout droit de Sibiu, au coeur de la Transylvanie... Sans parler du piètre bilan carbone de ces opérations, ce grand chambardement de la pâte à papier a un impact financier considérable sur nos activités d’imprimeur et d’éditeur de presse.

Pour ce qui nous concerne, la pénurie de papier a entraîné une hausse de 70 % du coût habituel de cette marchandise. Nous sommes passés de 950 € la tonne de papier recyclé faible grammage à 1 600 € en l’espace de quelques mois ! Une hausse à laquelle il faut ajouter l’impact d’une inflation qui déferle actuellement sur la France et l’Europe. Nous en faisons tous, vous comme nous, l’expérience au quotidien : carburants, électricité, produits de consommation ordinaires... Les prix ne cessent de grimper.

Aussi, au Crestois, nous n’allons avoir d’autre choix que d’augmenter nos tarifs dans un futur proche. Croyez bien que ce n’est pas de gaieté de coeur. Mais il faut bien continuer à imprimer ce vieux journal et perpétuer le beau geste de nos illustres prédécesseurs. Sans ressource supplémentaire, nous n’y parviendrons pas.

Nous reviendrons vers vous très prochainement pour vous préciser dans quelle mesure nous augmenterons nos tarifs. Pour le journal, la hausse devrait porter le prix du Crestois aux alentours de 2€. C’est un peu cher, mais nous espérons que vous saurez comprendre que c’est contraints et forcés que nous nous y sommes résolus. Et deux euros pour un journal d’au moins 16 pages chaque semaine, qui vous raconte par le menu les nouvelles du bassin crestois, est-ce vraiment si excessif ? Quoi qu’il en soit, nous tâcherons de rester à la hauteur de vos attentes. Et pour ceux qui songeaient à s’abonner un jour, c’est peut-être le bon moment pour passer à l’acte !

L’équipe du Crestois

Article publié dans Le Crestois du 21 janvier 2022

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La livraison épique du papier venant d'Autriche

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