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La fête du Picodon risque de disparaître pour de bon

Le conseil d'administration du comité de la fête saoûnienne a démissionné.

Serait-ce la fin d’une histoire vieille de 50 ans ? L’assemblée générale du comité de la fête du Picodon s’est tenue samedi 8 octobre à 18h30 dans la salle des fêtes de Saoû, pour évoquer l’avenir incertain de cet événement qui attire chaque année des milliers de personnes dans le village.

Seule une quinzaine de Saoûniens ont participé à l’AG, la plupart étant soit membres de l’association, soit bénévoles, impliqués parfois depuis de longues années. Des tracts avaient pourtant été distribués dans les boîtes aux lettres du village pour inciter les Saoûniens à participer à l’assemblée, hélas sans succès... Il n’y avait pas non plus de représentants du Syndicat de l’AOP Picodon...

Bilan de l’AG : l’actuel conseil d’administration est entièrement démissionnaire. Seuls quatre membres du groupe sont éventuellement prêts à s’engager dans l’organisation d’une nouvelle fête, ce qui est trop peu compte tenu de l’ampleur de l’événement. Pour l’instant, il n’est pas possible de procéder à une nouvelle élection, faute de nouvelles contributions. Certains se préparent donc à enterrer tout simplement cette fête traditionnelle.

Durant l’assemblée, un problème majeur a été soulevé : l’absence de renouvellement au sein de l’équipe organisatrice. « Il n’y a pas autant de jeunes que ce qu’on souhaiterait », lance le président de l’association, Christophe Servent.

FÊTE EN SURSIS

Cette fête, qui est le reflet du village de Saoû, a été régulièrement confrontée à des difficultés et transformations. Cependant, le tableau pour l’année à venir n’est pas engageant. Si le comité ne se renouvelle pas dès maintenant, la Fête du Picodon n’aura pas lieu l’année prochaine, et peut-être non plus les suivantes...

La 50e édition a laissé une touche d’euphorie dans les esprits, mais le comité constate un essoufflement général. Fin d’un cycle pour certains, manque de temps durant l’année pour d’autres et saturation des bénévoles sont quelques raisons qui poussent les membres du comité à démissionner.

La quantité non négligeable de travail à fournir avant et après chaque fête a été plusieurs fois évoquée. Certains postes ne trouvent pas preneurs. « Il nous manque un secrétaire, quelqu’un qui gère les relations publiques, un coordinateur des différents pôles, des bénévoles pour installer », rappelle Catherine Etienne, coordinatrice. « On ne peut pas faire la fête dans ces conditions-là ! », assène Paul Cappaï, trésorier du comité. « Une fête loupée, ça coûte environ 10 000 euros », ajoute Daniel Gilles, conseiller municipal à Saoû (ancien maire du village et actuel conseiller départemental).

Cette situation n’est pas un cas isolé dans la Vallée de la Drôme. Un homme venu de Saillans a rencontré les mêmes difficultés dans son ancienne association : « Le souci, ce n’est pas l’argent, c’est l’énergie. À Saillans on a beaucoup de primo-arrivants mais ils ne sont pas intéressés par ça... Ils ne veulent pas vraiment s’investir dans la vie du village », se désole-t-il.

Une dernière assemblée générale extraordinaire aura lieu le 26 novembre à 18h30, à la salle des fêtes. L’avenir de la fête du Picodon en dépend.

Ana Rougier

Article publié dans Le Crestois du 14 octobre 2022

Photo : la Fête du Picodon en 2019

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