Les actus à découvrir dans le journal de la Vallée

                

En direct du Bridge to Hell

La troisième édition du festival de metal crestois s’est déroulée les 8 et 9 septembre 2023.

JOUR 1, VENDREDI SOIR :

Et de trois pour le Bridge to Hell, le désormais incontournable festival de musique metal de Crest et du Val de Drôme ! Toujours organisé à l’espace Soubeyrand, le festival reprend la plupart de ses acquis : scène principale dans la grande salle des Moulinages, grand parking à proximité, camping pour les festivaliers, et programmation avec quatre groupes sur deux jours.

La grande nouveauté de cette édition, c’est le tremplin du samedi sur lequel nous reviendrons un peu plus loin. En plus de cette nouveauté, on note beaucoup de petites évolutions et améliorations : nouvelle disposition de la scène, nouvelle installation lumière, nouvelle déco, et nouveaux stands dont un luthier, un tatoueur, un vendeur de t-shirts et un stand de l’association La Boite en metal.

Il est 19 heures, les portes ouvrent et les premiers festivaliers commencent à entrer dans une ambiance bon enfant et décontractée. Ce premier soir, ce sont environ 350 personnes qui auront fait le déplacement. Tout à fait honorable compte-tenu de la concurrence du premier match de la coupe du monde de rugby France - Nouvelle Zélande qui a lieu pile en même temps !

C’est à Faith in Agony que revient la lourde tâche de lancer les hostilités pour cette première soirée 100% consacrée à des groupes de metal avec une chanteuse. Le combo grenoblois prend vite ses marques et son rock alternatif et ambiancé, tantôt heavy, tantôt rampant, souvent mâtiné de relents rock 70’s, résonne dans les enceintes. Même si on ne peut pas à proprement parler de metal, la musique du groupe séduit peu à peu l’audience, notamment grâce à la prestation scénique et vocale de sa chanteuse qui sait moduler sa voix pour se faire tantôt cajoleuse, tantôt rageuse.

Une très belle découverte, et une parfaite entrée en matière pour cette première soirée.

RAVAGEUR

Place ensuite à Dust in Mind pour son premier concert avec sa nouvelle chanteuse Maëllie-Jenny Dewailly. Le groupe a de nombreuses années d’expérience, et son groove metal moderne ultra efficace fait monter la pression au sein d’un public de plus en plus réactif. Maëllie-Jenny assure ses parties de chant avec application alors que Damien Dausch, guitariste et deuxième chanteur du groupe, seconde sa frontwoman avec énergie, haranguant le public et prenant le show à son compte.

Dust in Mind quitte la scène après une petite heure de concert et une prestation réussie.

C’est vers 22h30 qu’Akiavel, groupe en pleine ascension et très attendu, foule à son tour les planches du Bridge to Hell. Musicalement, le combo durcit franchement le ton avec son death metal ravageur hurlé par la vocaliste Auré, dont la voix phénoménale et l’attitude déchaînée dynamisent l’audience qui s’embrase littéralement. Très attendu, Akiavel a été largement à la hauteur de sa réputation. Incontestablement le moment fort de cette première soirée, et le coup de cœur du festival.

La tête d’affiche de la soirée se prépare à prendre d’assaut la scène aux environs de minuit. Alternant judicieusement passages agressifs avec accalmies, le groupe moldave, emmené par sa très charismatique chanteuse Lena Scissorhands, séduit le public avec son metal moderne, déclenchant de nombreux pogos. Une belle performance pour Infected Rain qui a totalement assumé son statut de tête d’affiche.

La soirée prend fin tranquillement autour d’un dernier verre, et chacun rentre se reposer un peu pour être en forme pour la journée de demain qui s’annonce mémorable.

Infected Rain bridge 2023
Infected Rian

JOUR 2, SAMEDI :

Contrairement aux deux précédentes éditions, le samedi après-midi est animé puisque La Boite en Metal a eu l’idée de proposer un tremplin. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce concept, il s’agit de donner à plusieurs groupes la possibilité de jouer pendant une grosse demi-heure devant le public présent. A l’issue des trois concerts (gratuits), le public vote pour le gagnant du tremplin qui aura l’honneur d’ouvrir l’édition 2024 du Bridge to Hell ! Disons le d’emblée, l’idée est excellente car elle permet à la fois de proposer une animation aux festivaliers présents, et à la fois de donner un peu d’exposition à des groupes locaux.

Pour ce tout premier tremplin, ce sont Bengal (rock psychédélique, Bollène), Jester Soul (heavy blues, Toulon) et Anemia (deathcore, Valence) qui vont se succéder sur scène tout au long de l’après-midi. Bravo aux trois groupes qui ont fait preuve d’un grand professionnalisme et ont fait montre de très belles qualités musicales et artistiques. Au moment des votes du public (près de cent vingt personnes à la fin), le verdict tombe et c’est Anemia qui remporte le tremplin. Le groupe aura donc le privilège de jouer sur la scène principale l’année prochaine.

Anemia gagnant tremplin
Anemia, gagnant du tremplin

Après cette très agréable mise en bouche, retour dans la salle principale. Premier constat, le public est plus nombreux que la veille (on comptera en effet près de cinq cent personnes). Bakü monte sur la scène aux environs de 20 heures. Enfin, l’expression « monter sur scène » est inexacte en ce qui concerne Bakü, puisque le groupe au grand complet joue dans la fosse ! Cette configuration originale, au cœur du public, permet à l’énergie noire dégagée par le groupe d’infuser dans le public qui rentre vite en transe avec les musiciens. Le post-metal sombre et rampant du groupe valentinois aura marqué les esprits, et c’est sous une véritable ovation que Bakü prend congé. La découverte du festival !

Comme la veille, le changement de plateau effectué de manière très efficace par des bénévoles remarquables (une constante du festival) est ambiancé par un DJ qui enchaîne morceaux classiques et titres moins connus dans le patio. Toujours une bonne idée qui permet de se rafraîchir à la buvette en musique.

Place ensuite à Bukowski, qui l’air de rien commence à faire figure de vétéran de la scène puisque formé en 2007. Le groupe place la résilience au cœur de son identité depuis le décès tragique de Julien Dottel, bassiste et co-fondateur du groupe aux côtés de son frère Julien. Une vraie leçon de courage de la part d’un groupe Vrai, dans le sens noble du terme. Pour l’heure, c’est à une vraie leçon de rock dur que nous avons droit, et l’expérience de Bukowski parle pour lui. Le groupe ne s’économise pas et chauffe un public réceptif qui bouge de plus en plus.

DAGOBA, TÊTE D’AFFICHE

C’est vers 22h30 que les quatre musiciens montent sur scène et entament leur concert pied au plancher. Le metal industriel de Shaârghot est toujours aussi visuel, et l’ambiance proposée par le groupe prend aux tripes. Plus qu’un concert, c’est un vrai spectacle que propose Shaârghot avec de nombreux effets très réussis. Après une heure de concert intense et une prestation ultra-carrée, les musiciens se préparent à quitter la scène au son d’une outro inquiétante et en serrant chaleureusement les mains des nombreux spectateurs venus à leur rencontre. Un très bon moment, comme toujours.

Tête d’affiche de la soirée, et du festival, Dagoba prend possession des lieux sous des applaudissements nourris. Impensable il y a encore quelques années de voir jouer à Crest un groupe de metal de cette ampleur, ce qui nous permet, une fois encore, de souligner l’excellent travail accompli par l’association La Boite en metal ainsi que par ses bénévoles. Pour l’heure, il est temps de reprendre une bonne dose de décibels grâce à l’un des fers de lance du metal hexagonal. Parfaitement rôdé à la scène du fait de ses plus de vingt cinq ans d’existence, le combo marseillais propulse son groove metal aux relents death avec conviction. Le son colossal du groupe et son énergie ont tôt fait d’entraîner les spectateurs qui pogotent vigoureusement. Le groupe, visiblement heureux, quitte la scène dans un tonnerre d’applaudissements bien mérité aux environs d’une heure du matin.

Dagoba bridge 2023
Dagoba

L’équipe de la Boite en Métal monte alors sur scène pour remercier le public, les bénévoles, les techniciens et les groupes présents tout au long du week-end et reçoit une longue ovation méritée. Les spectateurs prennent leur temps avant de quitter les lieux, chacun échangeant avec passion autour d’un verre ou congratulant les musiciens présents aux stands de merchandising. Quel week-end !

Merci aux bénévoles et aux techniciens pour leur implication, aux groupes pour leur disponibilité et leur motivation, au public pour son enthousiasme et sa bienveillance, et bravo à l’équipe de La Boite en metal pour ce festival !

Rendez-vous en 2024 pour la quatrième édition !

Olivier Chapelotte

Crédits photos : Vyking (Infected Rian – Dagoba) Olivier Chapelotte (public - Anemia)

Article publié dans Le Crestois du 15 septembre 2023

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