Les Ombres du Gros Caillou

Un roman illustré de Ghislain Papin et Marie Pouillaude, éditions La Graine enchantée.

Ghislain Papin, co-auteur des Ombres du Gros Caillou, est également conteur. Il a créé Le Coq qui dit certes, un théâtre de contes, à Recoubeau-Jansac, où il a accueilli d’autres conteurs, organisé des ateliers et des soirées. Derrière lui, un long parcours de conteur « tout terrain », d’écrivain et d’animateur socioculturel. Il a aussi été metteur en scène et organisateur de spectacles de rue à Pertuis (84) et dans différentes régions. Ses centres d’intérêt et ses motivations tournent autour de la jeunesse et de la nature.

Marie Pouillaude, elle, est plasticienne passionnée par les contes. Elle a longtemps été marionnettiste en Alsace, en Bretagne et à Paris, puis a travaillé au musée de Saint-Denis. Elle imaginait des histoires à partir des œuvres exposées, créait des parcours thématiques et animait des ateliers d’arts plastiques. Installée à Die depuis vingt ans, elle se consacre aux illustrations en papiers découpés et à la création de livres pour enfants et pour adultes. Elle a exposé ses œuvres à la galerie Espace liberté, à Crest, en 2023 et 2025, dans le cadre de la Biennale Au jour le jour.

C’est en croisant leurs créations et leurs expériences que Ghislain Papin et Marie Pouillaude ont fait naître ce roman illustré, Les Ombres du Gros Caillou. L’histoire se passe à Lyon, mais pas tout à fait, car la Croix-Rousse est un quartier-village sur la colline. Le point central de ce village est un gros caillou datant de l’ère glaciaire qui domine la ville. Il est l’identité même du quartier.

LA CROIX-ROUSSE DES ANNÉES 60

Les artistes, tous deux nés à Lyon, ont choisi de nous conter la vie de ce quartier dans les années 1960. Un instituteur curieux et noctambule parcourt les ruelles mystérieuses et le grand boulevard, à la rencontre des clochards (les clodos) aux surnoms très imagés, qui peuvent prêter à rire ou à sourire. Mais dans ces années-là, on avait tendance à ne connaître les habitants que par leurs surnoms (la Croque, Bouruche, Blanbec…) une sorte de confrérie d’ivrognes, d’intellectuels ou de miséreux. C’était selon.

Les clodos faisaient partie du paysage et du collectif. Quand ils ne se disputaient pas pour un verre de Kiravi, ils invectivaient ceux et celles qu’ils nommaient les bourgeois et les bourgeoises. En questionnant un peu leurs éclats de voix et parfois même leurs confidences, le sujet de la guerre d’Algérie ou de l’Indochine filtrait à demi-mot. Mais qui donc voulait la mort de deux d’entre eux et pourquoi avoir jeté leur corps dans une poubelle ?

Les Ombres du Gros Caillou

Marie Pouillaude accompagne merveilleusement cette histoire grâce à ses illustrations de papiers découpés et déchirés, qui collent au texte comme des photos naturelles d’une époque révolue. Le lecteur peut alors déambuler dans les ruelles et sur l’unique boulevard, et découvrir, au travers de la plume poétique des auteurs, ces ombres qui surgissent sur un banc au détour d’une rue, mais aussi entendre hurler tous ces « gones » en culottes courtes qui affrontaient la vie gaillardement en s’éparpillant dès la sortie d’école.

Ce livre est un très beau voyage dans le temps et les illustrations en font une œuvre d’art. Un autre livre est en gestation. Ghislain s’inspirera des images de Marie pour écrire son roman.

C.B.

Pour se procurer le livre : 06 48 79 53 49.

Article publié dans Le Crestois du 20 février 2026