L’Allexoise Frédérique Petitbrin édite son premier roman

Le Fédora gris suit l’itinéraire d’un cadre d’entreprise duquel il va dévier peu à peu...

Elle est une passionnée des arts : le théâtre, la peinture, la poésie et maintenant la littérature ! L’Allexoise Frédérique Petitbrin, auteure de son premier ouvrage Le Fédora gris, se confie sur le cheminement qui l’a amenée à ce projet, achevé au mois de mai dernier avec une grande satisfaction.

À vrai dire, elle n’en est pas à son coup d’essai, car sa vie professionnelle est jalonnée de belles aventures. Frédérique Petitbrin, aujourd’hui retraitée, est agrégée de lettres modernes. Elle a exercé son métier de professeure de français au collège Revesz-Long de Crest durant vingt-huit ans. Elle garde en mémoire les merveilleux souvenirs du club de théâtre qui, durant cinq ans, lui ont pris ses temps de repos entre midi et 14 heures pour se tenir à l’écoute des élèves et leur insuffler sa confiance par l’art de la scène. Des élèves qui gardent, entre autres, dans un coin de leur cœur, les poèmes de Jacques Prévert, interprétés en gestes devant un large auditoire à Allex, ou le Procès du loup du Slovène Zarco Petan, joué en public à Montélimar… Évidemment quand on présente du Prévert, c’est qu’on a la fibre sensible à l’art et à l’harmonie du langage avec lesquels l’auteure cultive aujourd’hui son jardin secret sur les coteaux d’Allex.

AU BORD DU BURN-OUT

Le Fédora gris, elle l’a souhaité comme un message élargi aux lecteurs : « C’est l’itinéraire d’un cadre dévoyé qui n’est pas un réquisitoire contre un mode de fonctionnement de l’entreprise. À travers l’expérience de ce jeune homme de trente ans, le roman interroge le sens du travail et la vie qui en découle. » Un livre, une œuvre d’imagination certes, mais un thème ô combien réel et actuel dans un monde où les situations de mise sous pression au travail sont légion ! Le burn-out est, hélas, devenu un mal récurrent qui « consume de l’intérieur ». Frédérique Petitbrin, toujours à l’écoute, en sait quelque chose, elle qui côtoya jadis une collègue de travail dont la fille en fut victime. L’épuisement professionnel conduit parfois au drame. Elle se souvient de l’affaire France Télécom des années 2010 et des tragédies qu’a générées l’introduction dans l’entreprise d’un management violent.

CHAPEAU MAGIQUE

Mais Frédérique Petitbrin veut croire en la résilience de l’être qu’elle ne cesse d’encourager. Alors elle a créé le personnage finalement attachant de Pierre-Olivier, ce cadre qui veut paraître plus qu’il n’est quand il endosse son uniforme de bon petit soldat, assumant son « sacerdoce dans les ordres de l’Entreprise » (avec un grand E). Ce qui n’empêche nullement ses supérieurs ou ses collègues de revoir à la baisse ses ambitions de « blanc bec à la tronche plate ».

Des quolibets qu’il a de plus en plus de mal à encaisser, mais finalement salvateurs, car ils l’emmènent en déambulation de déprimé dans les rues de Valence. Il y rencontre une chapelière empreinte de sensibilité qui lui propose d’abandonner son look de cadre pour celui de l’artiste qu’elle pressent, en le parant d’un fédora gris et d’une écharpe rouge.

Ainsi mis en confiance, il va retrouver du sens à la vie et choisir l’amour plutôt que l’abîme. Le reste est à découvrir dans les chapitres du recueil : ils vous emmèneront en voyage en Occitanie, puis dans l’ouest de la France auprès d’une belle « enlumineuse qui saura déposer des feuilles d’or sur le cœur endolori » de Pierre-Olivier et dont les traits lui rappellent étrangement ceux de la Jeune fille lisant, du peintre autrichien Franz Eybl. Dans ce récit agrémenté de rencontres, de bienveillance, d’humour, de tendresse, d’autodérision, de poésie également, Frédérique Petitbrin transmet, pour mieux les partager, sa recherche du mot juste dont elle cultive la finesse, avec l’espoir de voir germer et se déposer cette graine de passion chez le lecteur. À consommer sans modération…

B. Courtial

Le Fédora gris, éditions L’Écharpe d’Iris, 120 pages, 16 euros. Le roman est disponible directement à la librairie La Balançoire de Crest. Il l’est également en ligne sur les grands sites de vente par correspondance et dans la boutique des éditions L’Écharpe d’Iris.

Article publié dans Le Crestois du 8 août 2025

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