Bonne année 1926 !
On repart cent ans en arrière avec Jacques-Rémy Girerd…
Gide au Congo
En 1926, André Gide troque sa plume contre un billet pour l’Afrique noire. Destination : le Congo français et le Tchad. Ce qu’il y découvre le révolte au point de lui arracher un livre-bombe : Voyage au Congo. Sans filtre, Gide y dénonce le travail forcé, les compagnies concessionnaires qui pressurent les ouvriers locaux comme du bétail, la misère des villages, et l’arrogance crasse des colons blancs. Le mythe de la « mission civilisatrice » a du plomb dans l’aile. La presse s’embrase. Le Temps, porte-voix de la droite nationaliste, tente de discréditer son témoignage. À l’inverse, Le Populaire (Léon Blum) et L’Humanité (Henri Barbusse) applaudissent : « Enfin quelqu’un qui clame ce que beaucoup chuchotent ! ».

Gide n’est pas seul. Le journaliste Albert Londres, envoyé par Le Petit Parisien, foulera lui aussi le sol africain. Tous deux mènent le même combat : révéler que derrière les beaux discours, la colonisation est une machine à broyer les hommes. Grâce à eux, l’opinion publique commence à ouvrir les yeux...
Article publié dans Le Crestois du 2 janvier 2026
