Ces préfets qui désobéissaient (1/2)
La position des préfets de la Drôme, sous l’occupation allemande, était passablement complexe.

À gauche : Yves Hamon, préfet de juin 41 à décembre 42, vigoureusement vichyste
À droite : Roger Marty, un des patrons du NAP (Noyautage de l’Administration Publique)
Lorsque René Courtin, ce Drômois qui dirigeait, depuis Montpellier, le réseau de résistance Combat pour le Languedoc, dut s’enfuir, l’alerte lui venait de la meilleure source : le préfet de l’Hérault en personne, Jean Benedetti. L’engagement de ce fonctionnaire auprès des réseaux départementaux était si notoire qu’il sera déporté. C’est une situation que, dans la Drôme, nous connaissons bien : Robert Cousin, préfet du département à partir de la mi-43, fut, lui aussi déporté. Et de même, enfin, de l’autre côté du Vercors, avec le préfet de l’Isère, Raoul Didkowski. Cela ne valait certes pas brevet de sainteté, comme l’a montré l’historien Tal Bruttmann.
Ces hommes ont joué sur l’infime marge que leur laissaient leur notoriété et leurs relations. On chiffre à trente-six environ le nombre de préfets déportés...
Article publié dans Le Crestois du 20 mars 2026
