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Le lagopède alpin, une relique glacière menacée

Texte et photo de Luca Melcarne, chronique du 26 février 2021.

melcarne 8janv21

Appelé aussi "perdrix des neiges", le lagopède alpin est un petit galliforme pesant environ 500 grammes qui appartient à la famille des tétraonidés, comme son cousin, le plus connu tétras-lyre.

Le lagopède alpin est une relique glacière. Les couleurs de son plumage varient annuellement au cours de quatre mues pour adopter trois formes différentes : un plumage sombre d'été, un plumage blanc d'hiver et un plumage bariolé d'inter-saison.

Le lagopède alpin évolue dans les milieux ouverts de l'étage alpin et de l'étage nival : pelouses rocailleuses, landes, éboulis, lapiaz ou crêtes rocheuses. Dans ce milieu hostile, l'oiseau s'accommode parfaitement aux conditions sommaires : une nourriture à base de matières ligneuses fournie par la végétation rase, enrichie à la belle saison de fruits, de fleurs, de feuilles et d'invertébrés terrestres (pour les poussins), et des sites de nidification construits à même le sol. Le nid est en effet une dépression peu profonde, au sein d'un îlot de plantes hautes ou sous un arbrisseau rampant, le plus souvent située contre un rocher.

Avec le réchauffement climatique, le lagopède voit petit à petit son habitat disparaître. Selon certaines études, le lagopède risque de perdre 60% de son habitat d'ici 2050 et presque la totalité (plus de 90%) d'ici 2090. Ces chiffres sont en accord avec d'autres études menées en Europe, qui prédisent une perte d'habitat entre 63 et 98% du lagopède pour la période 2070-2100. S'ajoutant à la perte de l'habitat : la chasse...

Même si, a priori, l'oiseau est voué à disparaître des Alpes françaises, certains « régulateurs » ou « écologistes » ne se gênent pas pour donner un coup de gâchette sur cette espèce si belle et si vulnérable, qui a pourtant su traverser des siècles et des siècles...

Luca Melcarne
www.lucamelacrne.com

Photographie prise lors d'une fraîche journée de décembre, sur les hauts plateaux du Vercors.

Article publié dans Le Crestois du 26 février 2021

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