
Monika, d’Ingmar Bergman
Un film à découvrir, ou à revoir, au cinéma l’Éden, dimanche 6 avril, dans le cadre du ciné-club "Flash back".
Monika, jeune fille ouvrière dans un magasin à Stokholm, éprise de liberté, rencontre Harry, garçon livreur. Ils fuient leur famille et partent vivre sur une île...
Dans l’histoire du cinéma, Ingmar Bergman déroute quelque peu. Le cinéaste suédois n’a pas toujours fait l’unanimité, comme si son œuvre faisait peur, comme si l’humanité qu’elle montrait renvoyait trop à nos angoisses, comme si la recherche de la vérité qu’elle témoigne confinait à l’art du mensonge. Pourtant, pas d’histoire plus simple que les amours de Monika et Harry, pas d’espace plus symbolique que l’écrin d’une île rêvée encadré par les quartiers populaires d’une grande ville au quotidien, pas d’opposition plus marquée que le désir contre le conformisme social. Monika, 17 ans, veut vivre sa vie, elle séduit un garçon, qui peine à allumer… la cigarette qu’elle lui tend. Elle conduit Harry dans une sexualité naturelle audacieuse à l’époque.
Figure de proue de la femme moderne au cinéma, elle est incarnée par une Harriett Andersson aussi sensuelle que le sera Bardot. Il faut absolument avoir vu le film, ne serait-ce que pour le long regard à la caméra de Monika. Est-ce « un des plans les plus tristes de l’histoire du cinéma » (Godard) ? Ou bien l’affirmation du choix d’une femme libre ? De ce regard, et de ce film, le spectateur sort profondément ébranlé.
Jacques Joubert
avec Harriet Andersson, Lars Ekborg. 1953. Suède. 1h35. VOSTF.
Ciné-club au cinéma Eden de Crest, dimanche 6 avril à 20 heures. Séance présentée par Jacques Joubert, enseignant de cinéma, et suivie d’un verre au patio. En projection seule le mardi 8 avril à 18h15.
Article publié dans Le Crestois du 4 avril 2025