À la renverse !

Tribune d’Irène Libert du 11 juin 2021.

Je viens de prendre connaissance d'un rapport de l'Observatoire des multinationales qui me laisse pantoise ; les faits énoncés sont tellement gros que je pourrais rester sans voix… Mais l'envie de partager ma stupéfaction est la plus forte !

J'apprends donc que la totalité des multinationales du CAC 40, sans aucune exception, a perçu des aides du gouvernement pour pallier le manque à gagner lié à la pandémie. Jusquelà, rien à dire. C'était du devoir de nos dirigeants de ne pas laisser s'aggraver la situation économique ; encore que faire partie des entreprises du CAC 40 n’est pas une preuve de misérabilisme ! On peut toutefois penser qu’elles font vivre quantité de petites et très petites entreprises à qui elles passent commande.

Mais quand j'apprends que cet argent n'a pas empêché les licenciements, que les actionnaires ont touché 51 milliards de dividendes, et que, cerise sur le gâteau, la part liée aux investissements est réduite à peau de chagrin, là, je dois avouer que j’explose.

Les entreprises ont préféré piocher dans leur trésorerie et goinfrer leurs actionnaires ; distribution de 51 milliards pour un bénéfice de 37 milliards, cela signifie qu'on est dans le court termisme et qu'on ne se préoccupe pas du futur. Combien de petites entreprises vont pâtir du déficit d’investissement ? Combien de licenciements ? Combien de familles plongées dans la précarité ?

Victor Hugo le disait déjà : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. »

Peut-être cela peut-il dire que l'idée de la disparition prochaine de cet ultra capitalisme approche et qu'il faut en profiter au max le plus vite possible ? Après moi, le déluge…

Ma colère va contre ces dirigeants, peu soucieux de justice sociale et qui ne se sentent pas concernés par l'avenir de notre planète, mais elle va surtout contre ceux qui nous gouvernent. Comment défendre un tel plan économique selon moi indéfendable ? De plus en plus, les inégalités explosent. De plus en plus de personnes se retrouvent dans la précarité et nos gouvernants se contentent de produire des beaux discours. Pas de contre- partie à l’aide, c’est tout simplement écoeurant.

Pour ne pas rester dans le vague et donner un exemple précis, Orange a versé des dividendes en augmentation de 76 % et a supprimé 5 000 emplois ! Comment peut-on encore faire confiance dans ce régime qui nous mène au désespoir ? Nous sommes sur le Titanic et l’orchestre continue à jouer plus fort...

Irène Libert

Tribune publiée dans Le Crestois du 11 juin 2021

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