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La liberté de regard

La Passerelle du 14 janvier 2022, avec Gilles et Madeleine.

Quand on se promène dans la campagne ou dans les banlieues de Crest, il est normal et agréable de laisser son regard errer sur les verdures et les façades coquettes. On ne peut marcher longtemps en contemplant uniquement ses pieds.

Mais voilà, depuis quelque temps, cette liberté de notre regard se restreint de jour en jour. Les clôtures en grillage se doublent de plastique vert, les entrées largement ouvertes se munissent de hauts portails. Et l’on m’a dit qu’il y a même un lotissement entier qui s’est clos. Peur qu’un regard indiscret se pose sur le massif de rosiers ? Peur que l’oeil d’un piéton n’en dérobe le parfum ? Ce serait mal connaître l’anatomie humaine !

Dans le sud de la Calabre, il y a de grandes propriétés très hautement closes de grands murs et surveillées par des gardiens peu avenants. Ce sont celles des patrons de la mafia. Mais à Crest, permettez-moi d’en douter...

Alors s’il n’y a pas de trafic honteux à cacher, pourquoi priver des vues sur jardins les piétons paisibles ? Les propriétaires des... maisons closes vont sans doute dire qu’il veulent bien laisser voir leur massif de rosiers mais qu’ils craignent que des maraudeurs s’introduisent dans leur maison. Moi, si j’étais ce maraudeur, j’aurais plutôt tendance à penser que ce qui est bien caché doit avoir de la valeur et j’aurais appris dès l’enfance la courte échelle pour franchir les obstactes.

Interdir les regards sur les jardins ne sert strictement à rien en matière de sécurité. En outre, les publicités pour les alarmes font florès sur les écrans. Elles sont très utiles pour décourager les voleurs pendant un court instant et enrichir les fabricants d’alarmes électroniques .

Quels lieux pour la promenade restent-ils praticables, si l’on veut jouir d’une vue agreste ? Les champs sont entourés de clôtures électriques et les hameaux protégés par des chiens peu hospitaliers mais, si l’on a le temps, on peut monter jusqu’aux forêts. Pas de temps ou pas de bonnes jambes ? Contentez-vous des seuls jardins publics...

Mais il y a de l’espoir pour que notre liberté de regard puisse de nouveau être respectée. Car toutes ces clôtures en plastique et autres composants indésirables qui nuisent considérablement à l’environnement, au cours de leur fabrication et lorsqu’ils se décomposent sous l’action du soleil et se retrouvent en déchets redoutables dans les rivières et la mer, devraient bientôt être interdits. Vous vous rendez compte ? Si l’on compare l’impact d’un pot de yaourt à celui de 200 mètres de clôture plastique !

Madeleine, de la passerelle

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Chronique publiée dans Le Crestois du 14 janvier 2022

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