Mauvais genre

Sortira-t-on du sexisme par un sexisme inversé ? Chronique de Vincent Meyer du 26 mars 2021.

Depuis sa déclamation poétique du 20 janvier à l’investiture de Joe Biden, Amanda Gorman, Américaine de couleur, connaît une gloire internationale. Son dernier livre se vend comme des petits pains. Aux Pays-Bas, c’est Marieke Rijneveld, auteure et poétesse, lauréate de l’International Man Booker Prize, qui s’est vu confier la mission de le traduire en néerlandais. Elle s’en était réjouie sur les réseaux sociaux.

Mal lui en a pris. Une blanche traduire une noire ? Un scandale ! Une bronca s’est rapidement organisée et a fait mousser le réseau jusqu’à ce qu’elle jette l’éponge. Le même scénario s’est reproduit en Espagne quelques jours plus tard. Sortira-t-on du racisme ordinaire par un racisme inversé ?

Le 6 mars était organisée à Crest, dans le cadre de la toute proche journée des droits des femmes, une marche festive, féministe et revendicative en « mixité choisie ». Comme quoi, les adeptes de l’écriture inclusive peuvent pratiquer l’exclusion ! L’appel précisait ce concept par ces mots : « sans hommes cis-genre ». Qu’est-ce à dire ? Sans doute fallait-il comprendre que les « cis » sont ceux qui ne sont pas trans (le T de LGBT) qui, eux, sont donc cordialement invités à participer et peuvent exprimer leur soutien féministe sans risque de se voir lapider en cours de manifestation…

Etre cis-genre, c’est-à- dire assumer son genre masculin, une honte ? Chacun d’entre eux porterait, comme un péché originel, la faute inexpiable de siècles d’oppression de la femme ? Cette misandrie exclusive interpelle par ce qu’elle contient d’intolérance. Sortira-t-on du sexisme par un sexisme inversé ?...

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Tribune publiée dans Le Crestois du 19 mars 2021

À lire sur le même thème : la chronique des participant.e.s à la journée du 6 mars à Crest

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