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Qu'est la Fraternité devenue ?

Réponse de M. Badier à la tribune de M. Cotsaftis, publiée dans le Crestois du 20 août

Agé de 71 ans et quelques mois, je suis le résultat des formatages successifs de l’Éducation nationale des années 1950-60, de l’Université bourgeoise post soixante-huitarde (diplômé de Paris IX Dauphine, maîtrise de gestion), de la fonction publique territoriale et de ce qui en découle : le respect de la hiérarchie et de la fonction élective. Pour compléter le portrait, je suis Drômois d’adoption à mi-temps depuis quatre ans et lecteur du Crestois grâce à l’abonnement que mon épouse a souscrit pour soutenir la presse locale indépendante.

Ce décor étant planté, venonsen au(x) fait(s). J’ai pu prendre connaissance avec grand intérêt, dans l’édition du 20 août 2020 dudit Crestois, de la « Rubrique sur l’obligation vaccinale qui nous pend » de l’auteur sus-cité.

Première réflexion : qui nous pend… au nez, au-dessus de la tête, telle l’épée de Damoclès ? Avant toute chose je suis d’accord avec les termes de ce billet quant à la contribution apportée aux capitalistes détenteurs des actifs des laboratoires producteurs des vaccins. De même, je fustige la politique de démembrement du service public pris au sens large, à commencer par le secteur de la santé. (ah, oui, j’ai oublié : j’ai aussi été administrateur pendant plus de dix ans d’une vraie mutuelle de complémentaire santé des salariés de la fonction publique).

Je récuse également la « valse-hésitation » de nos gouvernants quant à l’évolution du discours officiel, source de défiance avérée. J’ai, moi aussi, parfois (souvent ?) le sentiment d’être « pris en otage ».

POLYOMÉLITE ET VARIOLE

Ceci une fois posé, et tout en respectant le droit de chacun à exprimer son point de vue, il me semble qu’un rappel historique s’impose. J’ai souvenir, dans mon enfance, de deux épisodes « vaccinatoires » qui nous furent administrés sans que nos parents n’en sachent plus que cela sur ce qu’il y avait dans la seringue (pardon, au bout de la plume avec laquelle on nous scarifiait la peau au sommet du bras) : variole et poliomyélite.

Nous fûmes tous vaccinés, à l’école, par le médecin de ville, sans exclusive. C’est à ce prix que ces deux maladies, mortelle pour l’une, lourdement invalidante pour l’autre, purent être éradiquées. Point de débat alors (j’imagine, car à sept, huit ou dix ans, les adultes ne nous tenaient alors pas dans une quelconque confidence de leurs interrogations). On protégeait d’abord son enfant et, par effet collatéral, son entourage familial, scolaire, sportif ou d’activités. Il y avait une conscience collective.

Les seuls échanges étaient ceux du voisinage, des amis, de la famille. Les seuls moyens d’information étaient la radio et les journaux. Vous me voyez venir. Internet, Facebook, Google, You Tube et consort ! Le trop plein d’informations, relayées sans retenue ni réflexion, et je ne parle même pas de responsabilité... Alors parler « [d’] animaux terrorisés par un berger sadique » et de « brebis […] qui tentent […] d’articuler les raisons de notre détermination à rester non vaccinés [...] » me fait très mal, au sens citoyen.

PAS DE LIBERTÉ SANS RESPONSABILITÉ

Combien se réclament de la Liberté et revendiquent l’Egalité ? Mais qui invoque la Fraternité ? Pour mémoire : « La fraternité est un état d’unité, entre plusieurs personnes. C’est un sentiment qui dépasse l’ego, qui rassemble plusieurs "moi" pour faire un "nous". Cet ensemble porte à son fondement le respect de la personne humaine, le "moi", c’est donc un ensemble de personnes assemblées, de volontés personnelles combinées en un mouvement. Chaque personne peut vivre la valeur de la fraternité par l’exercice d’obligations morales envers autrui. “L’individu pour le groupe“ est la cause, le terreau, qui permet comme conséquence “le groupe pour l’individu“ » (source : Wikipedia).

Je n’en dirai pas plus. Sauf, peut-être, d’inviter à la lecture d’une autre tribune publiée dans le même numéro, à la même page et présentée immédiatement au-dessus de la "Rubrique" qui a motivé ce "papier" et dont le titre résume bien ce que je pense : Il n’y a pas de liberté sans responsabilité.

Jean-Louis BADIER,
Drômois d’adoption

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Tribune publiée dans Le Crestois du 27 août 2021

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